TikTok m’a diagnostiqué : quand le feed devient un psy de poche

Sur TikTok et Instagram, les contenus santé mentale aident parfois à mieux se comprendre, mais ils ne remplacent pas un vrai diagnostic.

On ouvre TikTok pour se changer les idées. Puis une vidéo apparaît : “Les signes que tu as peut-être un TDAH” ou “Si tu ressens ça, c’est peut-être de l’anxiété.” Au début, on regarde sans trop y penser. Mais très vite, certaines phrases semblent décrire exactement ce qu’on vit : la fatigue, les pensées qui tournent en boucle, l’envie de s’isoler ou la difficulté à se concentrer.

Alors une question arrive : et si c’était ça ? Les réseaux sociaux peuvent aider à mettre des mots sur un mal-être. Mais ils peuvent aussi nous pousser à nous coller une étiquette trop vite. Est-ce qu’ils nous aident vraiment à mieux nous comprendre, ou est-ce qu’ils nous enferment dans des diagnostics rapides ?

Pourquoi ces vidéos nous parlent autant

Ces contenus fonctionnent parce qu’ils sont simples, courts et très faciles à comprendre. Ils parlent avec des exemples du quotidien : ne pas répondre aux messages, être épuisé après une sortie, procrastiner, trop réfléchir, se sentir différent des autres.

Pour beaucoup de jeunes, ces vidéos donnent l’impression d’être compris. Elles peuvent rassurer, surtout quand on avait du mal à expliquer ce qu’on ressentait. L’algorithme joue aussi un rôle important : plus on regarde ce type de contenu, plus TikTok ou Instagram nous en propose. Le feed peut alors donner l’impression que tout ce qu’on vit correspond forcément à un trouble précis.

Ce que ces contenus peuvent apporter

Il ne faut pas forcément diaboliser ces vidéos. Elles peuvent avoir un vrai côté positif. Elles permettent de parler plus facilement de santé mentale, de se sentir moins seul et de découvrir des mots pour décrire ce qu’on traverse.

Pour certaines personnes, elles peuvent même devenir un déclic : en parler à un ami, chercher des informations plus fiables, ou envisager de demander de l’aide à un professionnel. Dans ce sens, les réseaux sociaux peuvent être une première porte d’entrée vers une meilleure compréhension de soi.

Là où il faut rester prudent

Le problème, c’est qu’un témoignage n’est pas un diagnostic. Se reconnaître dans une vidéo ne veut pas dire qu’on a forcément un trouble. Certains symptômes peuvent se ressembler : fatigue, stress, anxiété, manque de sommeil, surcharge mentale… Tout ne peut pas être expliqué en quelques secondes.

Le risque, c’est aussi de se définir trop vite à travers une étiquette : “je suis TDAH”, “je suis anxieux”, “je suis traumatisé”. Ces mots peuvent aider, mais ils peuvent aussi enfermer s’ils ne sont pas accompagnés d’un vrai échange avec un professionnel.

Les réseaux sociaux peuvent donc être utiles, mais ils ont leurs limites. Ils peuvent ouvrir une réflexion, pas poser une conclusion médicale. Une vidéo peut aider à se questionner, mais elle ne connaît pas notre histoire, notre contexte, ni notre santé dans sa globalité.

La bonne posture, c’est peut-être de prendre ces contenus comme un point de départ. On peut écouter ce qui résonne, noter ce qu’on ressent, en parler autour de soi, mais éviter de s’auto-diagnostiquer trop vite. TikTok peut aider à mettre des mots. Mais pour comprendre vraiment ce qui se passe, l’avis d’un professionnel reste essentiel.

Sources :
ScienceDirect — Self-diagnosis in the age of social media: A pilot study…
PubMed — résumé de l’étude sur l’auto-diagnostic et les jeunes adultes
Johns Hopkins Medicine — Social Media and Self-diagnosis

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