6 invités, 1 sujet, 2 heures d’échange. Découvrez notre table ronde sur ce que la Gen Z pense de l’amitié à l’heure des réseaux sociaux.

Le mois dernier, on a organisé une table ronde avec 6 invités pour discuter d’un sujet qui nous trottait dans la tête depuis un moment:
« Les réseaux sociaux ont-ils changé notre rapport à l’amitié ? »
On est parti avec un questionnaire de 20 questions, qui couvraient la quantité d’amis, la qualité des relations, la comparaison sociale, les amitiés à distance. Bref, tout ce qui fait que nos liens ont changé depuis l’arrivée des réseaux sociaux.
Les échanges ont été hyper variés et même si tout le monde n’était pas d’accord, un consensus est ressorti : les réseaux sociaux ont profondément transformé nos amitiés et pas toujours pour le meilleur.
L’amitié numérique : pratique mais parfois superficielle
Dès le début, la discussion a porté sur le nombre “d’amis” en ligne versus les liens en vrai. Alia a dit :
“Sur Insta, j’ai des centaines d’amis, mais je ne parlerais pas de tout avec eux et pour beaucoup je ne les verrais jamais dans la vraie vie.”*
Pour elle, les réseaux sont utiles pour rester en contact, mais certains liens manquent de profondeur. Laura a ajouté :
“Certains sont là juste pour liker mes posts mais nous n’avons pas parlé depuis 2ans”
Côté étude, c’est confirmé : les réseaux permettent de maintenir des liens à distance, mais certaines amitiés deviennent superficielles et déconnectées de la vie réelle.
voir la thèse d’Eliane Proulx : These-Eliane-Proulx.pdf
Comparaison et pression sociale
Le deuxième thème qui a émergé est la comparaison constante et la jalousie.
Scroller sur les stories des amis peut donner l’impression de ne jamais faire assez et d’avoir la FOMO (Fear Of Missing Out). Anne Laure nous dit :
“Quand je vois mes amis sortir sans moi, ça me frustre, j’ai l’impression de rater quelque chose.”
On a aussi parlé de la performativité : poster ses moments d’amitié pour montrer qu’on est cool ou actif, plutôt que pour les vivre. Certains participants ont avoué qu’ils se sentent obligés de “faire joli” en ligne, plutôt que d’être sincères.
Ce qu’on gagne et ce qu’on perd
Dans la table ronde, beaucoup ont reconnu que les réseaux ont des avantages, ils permettent de:
- Reconnecter avec des amis perdus de vue
- Rencontrer des personnes qu’on n’aurait jamais croisées autrement
- Obtenir un soutien grâce à des communautés ou groupes en ligne
Mais ce que les participants regrettent, c’est l’authenticité et la profondeur. Florian nous a confié :
“On discute par messages, mais ça reste superficiel. On ne s’ouvre pas autant qu’en face à face.”
Et puis, il y a la fatigue émotionnelle : gérer plusieurs conversations, suivre les interactions de tout le monde. On attend toujours de nous de répondre rapidement, d’être disponible 24h/24. Cette stimulation constante, ça peut devenir pesant.
Mais alors que faire ?
Ensemble on a conclu que pour garder ses amitiés intactes, il faut :
- Varier les interactions : voir ses amis en vrai, appeler, partager des activités
- Prendre du recul : se demander si un post ou une story reflète vraiment la réalité
- Savoir décrocher : pouvoir éteindre son téléphone et savoir que ce n’est pas pour autant que les relations s’estompent
Mon avis, c’est que je me lamenterai si je ne pouvais pas partager mes vacances avec mes amis ou les appeler pour leur raconter le dernier potin mais que malgré tout maintenant je prend du recul et j’apprends à vivre mes relations en dehors des réseaux aussi.
Pour aller plus loin
Si vous voulez creuser le sujet, voici quelques articles à lire :